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Pensons la ville pour vivre en forme

Santé -

Près de 200 personnes ont participé en février dernier, au congrès national de Vivons en Forme, anciennement Epode, dont Asnières est une ville pilote. Médecins, nutritionnistes, élus et agents administratifs chargés de la santé ont débattu pendant deux jours de la lutte contre l’obésité. Mieux manger, faire du spor t sont les bonnes recettes pour vaincre le surpoids… et, si repenser l’aménagement urbain constituait aussi une solution pour lutter contre les kilos superflus ?

Et si la lutte contre l’obésité, ce n’était pas seulement des actions de prévention, d’éducation alimentaire  auprès des familles, de dépistage d’enfants en surpoids dans les écoles comme cela se fait à Asnières, avec un certain succès ? Le congrès national des villes adhérentes de l’association FLVS, porteuse du programme Epode, rebaptisé Vivons en Forme, qui s’est tenu les 7 et 8 février 2012 à Asnières, a mis en avant la nécessité d’une activité physique quotidienne des enfants comme des adultes.

« Des enquêtes récentes démontrent que l’activité physique de loisir est moins pratiquée par les populations les plus défavorisées. 26 % des femmes et 34 % des hommes contre 47 % et 51 % dans les classes élevées. Le même phénomène est observé chez les adolescents », indiquait FLVS en ouverture du congrès.

Des initiatives sont prises par les collectivités locales. Pour exemple, un appel à projets national destiné aux villes signataires de Contrats urbains de cohésion sociales (CUCS), lancé par FLVS et le ministère de la ville, prévoit l’aménagement de 280 cours de récréation en 2012 pour encourager les enfants à bouger plus. Mais la lutte contre le surpoids ne doit elle pas être réfléchie encore plus en amont ? Vivons en Forme avait ainsi invité un urbaniste et un spécialiste des déplacements urbains à participer aux débats.

« Le mode de vie urbain rend obèse », explique tout de go Marcos Weil, urbaniste paysagiste suisse. Les villes ont été conçues depuis près d’un demi-siècle pour l’usage prépondérant de la voiture. Ses effets négatifs sont désormais bien connus en matière d’embouteillages et de pollution de l’air.

 Mais l’automobile prive également ses adeptes de leurs exercices physiques quotidiens nécessaires. On descend de l’appartement par l’ascenseur jusqu’au parking. On monte dans la voiture. On dépose les enfants devant le portail de l’école, puis direction le lieu de travail.

« Or il faut faire bouger les gens, au moins 30 minutes par jour », insiste le chercheur helvétique qui prône donc « une politique d’apaisement des pratiques automobiles» afin de faire évoluer les comportements.

 Michel Gilbert, chargé de mission à la direction de la mobilité et des transports de la communauté d’agglomération de Grenoble, ancien président du club des villes cyclables auquel Asnières a adhéré en 2011, est sur la même longueur d’onde mais emploie un vocabulaire quelque peu différent. Il utilise le terme de rapport de force entre la voiture et les modes de déplacements doux, notamment le vélo. La plupart des déplacements font moins de 3 km en milieu urbain.

« La bicyclette se révèle être le moyen de déplacement le plus performant en terme de temps pour un parcours de moins de 6 km », précise-t-il.

D’où la nécessité de repenser l’aménagement urbain pour une plus grande utilisation du vélo avec un bon maillage en pistes cyclables. C’est par ce type d’actions que l’agglomération de Grenoble a réussi à faire progresser de 47 % les déplacements à vélo en 10 ans. « Il est temps que les villes fassent leur révolution », insiste Marcos Weil.

Idem pour la marche. Plutôt que de prendre sa voiture, accompagner à pied son enfant à l’école chaque matin, créer un système de pedibus, c’est bien meilleur pour la santé des enfants comme pour celle des parents. Les deux aménageurs se rejoignent pour prôner un élargissement des trottoirs, quitte à rogner sur le territoire de l’automobile pour que les habitants prennent l’habitude de marcher pour le plaisir et non seulement en cas de nécessité absolue.

Un contrat local de santé

 La ville d’Asnières a signé un contrat local de santé avec l’agence régionale de la santé le 24 janvier dernier. Il prend la forme d’un engagement d’objectifs, se déclinant en actions. « Nous avons notamment inscrit dans ce contrat, la création de la maison de la santé qui jouxtera le centre médico-social municipal afin d’offrir une meilleure accessibilité aux soins et un meilleur service. Ce contrat prévoit d’intensifier l’information et la sensibilisation du public au dépistage du cancer. Il doit aussi permettre de renforcer notre approche de l’éducation des jeunes sur les questions de sexualité et d’addictions » explique Kaoukeb Richard, conseillère municipale déléguée à la santé. Deux autres axes ont été définis dans ce contrat : favoriser la santé et le bien-être des femmes et intensifier la lutte contre le saturnisme.

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