Famille & Enfance

Mots croisés avec Marie-Christine Baillet

Le site de la ville innove en connexion avec Asnières Infos. Pour améliorer encore cette proximité entre vos élus et vous, votre mensuel municipal vous donnera régulièrement l’occasion d’interviewer un élu ayant la responsabilité d’une délégation. Toutes les questions sont bonnes à être posées.
Rentrée scolaire oblige, c’est Marie-Christine Baillet, maire-adjointe déléguée à l’éducation, qui se soumet au feu des questions de quatre représentants de parents d’élèves.

Christelle Ferragatti

Pourquoi avez-vous choisi l’éducation comme délégation ?

Marie-Christine Baillet : J’étais ouverte à d’autres délégations, la démocratie participative, la culture par exemple. J’ai occupé plusieurs postes de chargée de mission à l’éducation dans d’autres villes. Donc, au regard de mon parcours professionnel, le maire a décidé de me confier l'éducation.

 

Christelle Ferragatti

Après trois ans, quels sont vos succès et quels sont vos échecs ? Y a-t-il des projets que vous auriez menés différemment ?

M.-C. B. : Je n’emploierai pas les termes de succès ou d’échecs. Notre grande satisfaction, avec Annie Lafaye, maire-adjointe déléguée à la petite enfance et aux relations avec les parents d'élèves, est d’avoir réussi à créer une véritable communauté éducative dans la ville, regroupant les représentants des parents, le corps enseignant et les élus. Ma grande frustration c’est de ne pas voir certains dossiers avancer assez vite.

 

Frédérique Helme-Guizon

Quel est le plus difficile dans votre fonction ?

M.-C. B. : Les demandes de dérogation à la carte scolaire. Les demandes des familles sont souvent fondées. Malheureusement, nous ne pouvons pas répondre à toutes favorablement au risque de modifier profondément la carte scolaire et créer des déséquilibres d’effectifs.

 

Christelle Ferragatti

Quel regard portez-vous sur l’évolution de l’Éducation nationale ?

M.-C. B. : La logique comptable qui semble dicter la politique du gouvernement en matière d’éducation m'inquiète. Je suis inquiète notamment sur la formation des enseignants et la disparition des Instituts Universitaires de Formation des Maîtres (IUFM). Les coupes opérées sont à mon avis des fausses économies. L’argent que l’on ne met pas dans l’éducation, il faudra plus tard le mettre dans un accompagnement éducatif pour lutter contre le décrochage scolaire.

 

Élisabeth Cuillandre

Que pensez-vous de l’évolution des postes des Rased ?

M.-C. B. : Nous avons appris la suppression de cinq postes pour cette nouvelle année. Ce sont les élèves les plus en difficulté qui pâtissent de la réduction du nombre de ces enseignants spécialisés. D’autre part, nous n’avons que deux psychologues scolaires pour l’ensemble des écoles asniéroises. Au risque de me répéter, cette gestion purement comptable de l’Éducation nationale atteint ses limites…

 

Alexandre Haplik

Quel projet vous tient le plus à cœur ?

M.-C. B. : Ce sont les pôles d’excellence que l’on a pu ouvrir grâce à l’expérience du busing. Ils sont en train de se développer tranquillement avec la classe théâtre à Poincaré, la classe orchestre et la radio à Descartes A et la classe bilangues à Descartes B. L’enjeu est de voir comment on peut faire le lien de ces expériences en direction des collèges lorsque les élèves auront quitté le primaire.

Le projet est de repartir avec une « cohorte » de trois ans mais cette fois-ci ouverte à tous les enfants de la ville. Nous travaillons actuellement sur cette question pour la rentrée 2012-2013. Je suis convaincue de la vertu de ces apprentissages différenciés. Par exemple, au niveau de la classe orchestre, les effets sont visibles en termes de comportement, de motivation et de stabilité des enfants. J’ai aussi été médusée par la capacité de concentration et la gestuelle des enfants de la classe théâtre. Le travail fait sur la radio en termes de diction et de prise de parole des élèves est aussi impressionnant. Cela aura forcément des répercussions sur les apprentissages scolaires. La finalité de tous ces projets est aussi de faire progresser la mixité sociale.

 

Frédérique Helme-Guizon

N'est-ce pas une goutte d’eau, vous y croyez vraiment à cette mixité ?

M.-C. B. : Je suis d’accord sur la goutte d'eau mais elle a déjà le mérite d’exister. Nous avons pu mettre en place ce dispositif car l’État nous a accompagnés lorsque nous sommes entrés dans le dispositif du busing. Actuellement, nous attendons le résultat de l’évaluation pour savoir comment ces financements vont se poursuivre. On aurait pu créer dix pôles d’excellence mais il vaut mieux en lancer moins et aller au bout de la démarche, sinon cela ne sert à rien.

Je suis optimiste, mais c’est à nous de bien communiquer sur les vertus de ces apprentissages différenciés. Nous lançons en cette rentrée une initiation à l’anglais en maternelle dans les écoles Descartes et Mourinoux, non pas sous la forme d’un cours, mais par des moments de vie en classe pendant lesquels l’anglais sera la langue utilisée. Ensuite, il y aura une continuité de ces apprentissages en CP. Je suis peut-être naïve mais je pense qu’il y aura des parents des autres quartiers, souhaitant un apprentissage différencié pour leurs enfants, qui demanderont à les inscrire dans ces établissements.

 

Christelle Ferragatti

Vous souhaitez développer les partenariats avec les entreprises ?

M.-C. B. : C’est exact. Le groupe de BTP. Eiffage a ainsi offert les instruments de la classe orchestre. Le service Éducation travaille avec le service du développement économique pour financer la caisse des écoles. Pour les collèges, il y a une vraie recherche de partenariats avec les entreprises, pour placer des stagiaires par exemple, avec des associations d’anciens chefs d’entreprises qui sont prêts à venir témoigner dans les classes de troisième. Il est important d’encourager ces initiatives pour que les enfants soient en lien avec le monde du travail.

 

Christelle Ferragatti

Que pensez-vous de l’idée de sortir les accueils de loisirs des écoles?

M.-C. B. : Avec Nathalie Hurtault, conseillère municipale déléguée à l'enfance, nous avons conscience qu'il faut leur donner une plus grande aisance. Mais pour le moment, ce n’est pas une priorité. Notre politique réside plus dans la rénovation d’un patrimoine scolaire vieillissant. Au sein des écoles, si des classes sont fermées, si des logements de fonction sont vacants, nous essayons d’intégrer ces surfaces pour agrandir la partie réservée à l’accueil de loisirs.

Cela n’empêche pas la municipalité de surveiller toutes les transactions foncières sur Asnières afin de préempter des terrains susceptibles d’accueillir de nouvelles crèches, de construire de nouveaux équipements sportifs et pourquoi pas d’agrandir les écoles si les possibilités foncières existent.

 

Christelle Ferragatti

Sur quels projets travaillez-vous actuellement ?

M.-C. B. : Nous travaillons sur le projet éducatif local, c'est-à-dire le regroupement d’actions en matière d’éducation, de jeunesse et d’enfance. Nous voulons travailler ensemble sur des questions comme la parentalité, l’accompagnement éducatif ou encore la place des jeunes dans la ville. Je pense notamment à la question de l’accompagnement à la scolarité sur la ville.

Nous souhaiterions labelliser des dispositifs plutôt que de multiplier les aides et proposer une offre sur tout le territoire avec un passeport éducatif et de loisirs. Je suis persuadée que les difficultés scolaires de certains enfants ne peuvent pas être uniquement résolues par de l’accompagnement scolaire mais par une ouverture à la culture. Pour le moment, nous sommes à la définition des axes de travail de ce projet éducatif local. Les représentants des parents seront bien entendu impliqués dans cette réflexion.

 

Suite de l’interview publiée dans Asnières Infos de septembre 2011 (no 324)

Frédérique Helme-Guizon

Ce sont les mêmes élèves qui profitent du dispositif des pôles d’excellence pendant trois ans ? Ne pourrait-on pas faire cela plutôt par classe d’âge?

M.-C. B : Nous avons choisi d’être plutôt dans le qualitatif que le quantitatif. Nous ne pouvons pas mener un tel projet sur une année seulement, car sur le plus long terme, ces apprentissages permettent de découvrir de vrais talents. C’est le cas dans la classe orchestre notamment où nous accompagnons désormais certains enfants vers le conservatoire.

 

Frédérique Helme-Guizon

Concernant le busing, je reste quand même un peu sceptique sur cette expérience à l’école Jean d’Ormesson…

M.-C. B : Nous sommes allés au bout de l’expérience. Actuellement nous accompagnons les enfants jusqu’au collège mais nous n’en faisons plus entrer en CP. Si nous avons décidé de participer à cette opération, c’est que l’État nous a permis de faire des dérogations par rapport au dispositif initial. Au départ, le busing devait concerner une classe entière. Nous avons demandé à ce qu’il concerne plutôt différentes classes d’âges et qu’il nous soit possible de lancer des apprentissages différenciés. Derrière ce dispositif, il y avait une vraie volonté de faire de la mixité sociale. Le Maire disant que cette mixité serait réussit le jour où les enfants de d’Ormesson et de Descartes s’inviteraient à leurs goûters d’anniversaire. C’est aujourd’hui le cas. Je crois que les liens qui se sont créés en dehors de l’école constituent un point positif et une avancée de la mixité sociale.

Avec le recul, les parents reconnaissent aujourd’hui que leurs enfants sont plus appliqués, qu’ils structurent mieux leur travail. Dans l’éducation, je considère qu’il faut prêter autant attention à l’évolution du comportement de l’enfant qu’à sa réussite scolaire.

 

Elisabeth Cuillandre

Cette mixité est-elle aussi possible au sein des accueils de loisirs ?

M.-C. B : Nous le faisons dès que nous pouvons en organisant des sorties communes aux centres de loisirs de tous les quartiers. C’est par exemple le cas lorsque des classes environnement sont organisées.

 

 

 

Interviewez vos élus !

Vous souhaitez rencontrer un de vos élus et l’interviewer pour Asnières Infos ? Remplissez votre demande en ligne. De nombreux thèmes seront abordés dans les prochains mois : environnement, urbanisme, sport, culture… Indiquez bien le thème qui vous intéresse et le quartier que vous habitez afin que nous puissions constituer un panel le plus représentatif de la population de la ville. Suite à la parution de l’interview «Mots croisés avec…» dans Asnières Infos, vous voulez participer à la discussion en posant une question complémentaire, faites-la parvenir par l’adresse . Elle viendra compléter l’interview sur le site de la ville.

Les intervieweurs

Alexandre Haplik

est père d’un garçon et d’une fille, la plus jeune entre en CM2 à l’école élémentaire Jules Ferry. L’aîné est au collège Renoir.

Christelle Ferragatti

est maman de deux enfants scolarisés à l’école élémentaire Michelet B (CM1 et CP).

Frédérique Helme-Guizon

est maman de deux garçons et d’une fille. Les deux premiers sont scolarisés au collège Sainte-Geneviève. La dernière à l’école Mauriceau (CM1).

Élisabeth Cuillandre

est maman d'une fille scolarisée en CM2 (année 2010-2011) à l'école élémentaire Voltaire et qui entre cette année au collège.

Quesaco ?

Le busing : c’est une opération qui a été lancée dans le cadre de la politique de la ville en septembre 2008 menée par le ministère de la Ville qui consiste à scolariser des enfants du primaire, issus du quartier populaire des Hauts d’Asnières, à l’école Jean d’Ormesson, située dans le quartier Flachat.

Les Rased (Réseaux d’aides spécialisées aux élèves en difficulté) ont été créés en 1990. Ils contribuent à prévenir et à réduire les difficultés d'apprentissage ou relationnelles que certains enfants rencontrent à l'école. Ils apportent un éclairage spécifique aux maîtres et aux parents.

Les pôles d’excellence éducative. C’est un dispositif lancé en 1999 dans les zones d’éducation prioritaire qui prévoit l’implantation de classes musicales, de sections sportives, de sections européennes, bilingues ou internationales... Il a pour objectif de favoriser le maintien ou le retour à une réelle mixité et doit impulser dans les établissements concernés une dynamique bénéficiant, non pas à quelques-uns mais à tous les élèves, quelle que soit leur origine sociale.

 

Questions d’habitants posées par Internet

Laurence (Quartier Flachat):J’habite dans le quartier Flachat, en cas de grève dans les écoles, je suis obligée de me déplacer jusqu’à Concorde pour déposer mon enfant dans l’accueil de loisirs. En ne créant que deux garderies sur tout le territoire de la commune, c’est vraiment le minimum du service minimum que vous appliquez….

M-C. B. : Contrairement à d’autres villes, nous n’avons pas refusé de mettre en place le service minimum. En effet, au-delà de toute considération idéologique, nous pensons que nous devons apporter une solution aux familles qui n’ont aucun moyen de garde ces jours-là. En même temps, il nous paraissait essentiel également de respecter le droit de grève et de ce fait symboliquement laisser les écoles fermées dès lors que leurs enseignants étaient en grève. Nous avons donc opté pour une solution transitoire qui respecte les deux postulats de départ. Pour nous assurer un encadrement « sécure », nous avons fait le choix de n’ouvrir que deux structures, une en centre-ville, l’autre dans les Hauts d’Asnières. Il me semble important de vous préciser qu’en agissant ainsi, nous ne dérogeons pas à l’esprit de la loi puisque celle-ci laisse à la discrétion des villes le choix des lieux et des modalités d’encadrement.

Christian (Quartier centre) :Ma fille est née au mois de janvier 2010. Pourra-t-elle être admise à l’école maternelle à la rentrée de septembre 2012 ?

M-C. B. : Je ne peux pas vous répondre de manière catégorique et dans l'absolu. Cependant de manière générale, sachez que désormais la scolarité des moins de trois ans n'est plus une priorité du Ministère de l'Education nationale. Aussi, il n'y a plus de poste dédié à cet accueil. Désormais les enfants peuvent être accueillis en fonction des places restantes après la rentrée dans les petites sections. A Asnières nous avons pu conserver pour le moment une classe de moins de trois ans. 20 enfants sont accueillis ainsi à l'école maternelle Poincaré sur le quartier RAR (Réseau Ambition Réussite). Dans les autres écoles, nous avons, hélas peu de latitude. En effet, nos moyennes sont très chargées, même dans les petites sections. Cependant, nous organisons une commission avant les vacances de Toussaint avec l’inspectrice de l'Education nationale pour étudier les demandes de scolarisation. Dans la mesure où les places sont peu nombreuses, nous donnons la priorité aux familles n'ayant de moyen de garde et celles qui rencontrent des difficultés.

Farida (Quartier Grésillons): On parle d’un cinquième collège sur la ville d’Asnières. Qu’en est-il et où serait-il construit ?

M-C. B. : Nous restons depuis trois ans extrêmement vigilants sur ce sujet. La situation de nos collèges est inquiétante en matière d'effectif et plus particulièrement en centre-ville et ce, au regard des effectifs dans nos écoles élémentaires. Monsieur le maire a à plusieurs reprises alerté le président du Conseil général sur cette situation. Cette inquiétude est également partagée par les fédérations de parents d'élèves. A ce jour, nous avons reçu les uns et les autres une réponse défavorable de la part du département qui reste la collectivité compétente en matière d’ouverture de collèges.

Powered by eZ Publish™ CMS Open Source Web Content Management. Copyright © 1999-2010 eZ Systems AS (except where otherwise noted). All rights reserved.